Retrouvez des textes et des vidéos inédites quotidiennement sur ma page Facebook
et toutes mes vid√©os sur ma cha√ģne YouTube
Découvrez le programme de mes activités sur mon site portail !

vendredi 6 octobre 2017

ūüĆĽ La langue Girafe n'est pas une langue



En ce jour anniversaire de la naissance de Marshall B. Rosenberg, père de la Communication Nonviolente, j'ai à coeur de célébrer tout ce que son être et son processus ont apporté à ma vie et celles de milliers d'êtres dans le monde !
Pour ce faire, j'ai de la joie à partager avec vous l'un de ses textes qui me parle le plus "La langue Girafe (c'est ainsi qu'il nommait la manière d'utiliser les 4 étapes du processus de la CNV) n'est pas une langue".
Je vois qu'il est fréquent que le processus de la Communication Nonviolente soit confondu avec une manière de parler, qui elle-même se résumerait en 4 points :
  • Observation
  • Sentiment
  • Besoin
  • Demande
ce qui pourrait laisser √† penser que pratiquer cet art de vivre qu’est la CNV se r√©duirait √† √Ęnonner des phrases du type :
"Quand je te vois faire ça (observation), je me sens agacé (sentiment), parce que mon besoin de considération (besoin) n'est pas rejoint. Serais-tu d'accord de me dire pourquoi tu agis ainsi ? (demande)"
ou
"Quand tu me dis ça (observation), est-ce que tu te sens triste (sentiment) parce que ton besoin de délicatesse (besoin) n'est pas rejoint ? Et qu'aimerait-tu maintenant (demande) ?

Certes, Marshall Rosenberg nous a transmis 4 points sur lesquels nous pouvons porter notre attention lorsque nous souhaitons augmenter nos chances de vivre des relations bienveillantes en lesquelles les besoins de chacun sont rejoints, mais il nous a avant tout transmis que la langue girafe (expression qu'il employait pour désigner la manière d'utiliser ces 4 points, que ce soit pour se mettre à l'écoute de l'autre ou pour exprimer ce qui se vit en nous) n'est pas une langue en soi.

Marshall disait : "Loin d'√™tre une recette fig√©e, la CNV s'adapte √† toutes les vari√©t√©s possibles de situation, de m√™me qu'aux styles personnels et culturels de chacun. Et bien que, pour des raisons pratiques, il m'arrive de dire que la CNV est un "processus" ou un "langage", elle permet tout aussi bien d'exprimer ses 4 composantes sans une parole, car son principe m√™me repose non sur la verbalisation, mais sur une prise de conscience des 4 composantes." 

En disant ceci, il tentait d'attirer notre attention sur le fait que la dimension la plus importante de la CNV est son intention, celle de se relier de coeur à coeur d'une manière qui permette à la compassion de se vivre naturellement, dans le donner et dans le recevoir : lorsque cette intention est pleinement vécue, peu importe les mots qui sont utilisés...

A contrario, lorsque les 4 étapes pré-citées sont utilisées sans que nous soyons profondément ancrés dans cette intention, nous devenons ce que Marshall nommait un "Giraffe Parrot", un "perroquet Girafe", qui en utilise les mots sans que son coeur y soit relié.
Le mien se serre lorsque je vois les conséquences tragiques d'utiliser cette manière de s'exprimer alors que le coeur n'y est pas : les interlocuteurs s'exaspèrent de ce qu'ils perçoivent comme un manque d'authenticité et en viennent rapidement à détester la CNV qu'ils identifient à cette manière mécanique de parler.
C'est pourquoi j'ai l'élan ce matin de partager ce texte qui relate ce que Marshall Rosenberg avait dit à ses participants la fin d'un d'un stage d'introduction à la CNV.

Puissent ses paroles s'inscrire en nos cŇďurs, afin que nous ne confondions pas la forme et le fond...
Marshall B. Rosenberg

LA LANGUE GIRAFE N’EST PAS UNE LANGUE
 par Marshall B. Rosenberg

Ces propos de Marshall B. Rosenberg sur la langue girafe idiomatique ont √©t√© recueillis par Jean-Fran√ßois Lecocq, formateur et m√©diateur √† l'Universit√© de Paix, lors de la premi√®re session intensive en Communication Nonviolente donn√©e √† La Marlagne du 5 au 15 ao√Ľt 1996.

La Communication Nonviolente est un art de vivre qui nous aide √† donner et √† recevoir dans un esprit de bienveillance. Elle attire notre attention sur les sentiments, besoins et demandes de chaque personne, et nous garde de toute critique, jugement ou √©valuation, qui sont souvent sources de malentendus. L'enseignement du processus de la Communication Nonviolente est souvent pr√©sent√© comme l'apprentissage d'une langue √©trang√®re, dite «langue girafe», en rapport avec la marionnette utilis√©e pendant les s√©minaires de formation pour symboliser l'attitude que l'on veut vivre (la langue «chacal» d√©signant notre fa√ßon habituelle de penser et parler sous formes de jugements, d’√©valuations, d’interpr√©tations).

«Maintenant que nous venons de passer beaucoup de temps √† r√©viser la forme de la Communication Nonviolente - ou de la langue girafe - et que nous avons vu comment elle s'organisait autour de la fa√ßon qu'on a de dire certaines choses, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : LA LANGUE GIRAFE N'EST PAS UNE LANGUE !

En fait le processus a relativement peu de choses √† voir avec les mots, il est universel et s'applique √† toutes les cultures. Si donc vous compreniez la langue girafe, vous ne diriez pas : «C'est un langage que je ne peux pas employer l√† o√Ļ je travaille», vous diriez plut√īt quelque chose comme : «Comment puis-je arriver √† faire circuler ce flot d'√©nergie l√† o√Ļ je travaille ?»

Il y a un mois, en Angleterre, j'ai re√ßu un cadeau magnifique : la photographie d'un tableau. Ce tableau a √©t√© peint apr√®s que j'ai racont√© l'histoire d'un dialogue que j’ai eu avec un fermier immigrant du Mexique. Si je m'√©tais adress√© √† lui, c'est parce que je l'avais vu vivre une danse girafe o√Ļ il avait permis de fa√ßon exemplaire √† ce flot d'√©nergie que je viens de mentionner, de circuler.
Cet homme venait d'avoir une conversation avec une mère et son enfant de trois ans. J'aurais voulu pouvoir filmer cette scène, parce qu'il y avait là un exemple parfait d'un échange girafe. Or pas un seul mot n'a été prononcé !
J'ai assisté à ce moment de communication extraordinaire alors que j'arrivais dans une salle d'attente d'une gare routière de San Francisco. C'était une salle bondée, il y avait foule. Dès que j'ai pénétré dans cette salle d'attente, j'ai immédiatement perçu que quelque chose de merveilleux s'y déroulait. C'est dans le regard d'un enfant de trois ans, assis sur les genoux de sa mère, que je l'ai vu. J'ai regardé de l'autre de la pièce, pour voir ce qu'il regardait : c'était une orange.


Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas.
Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas. Il venait de mettre les vieux papiers dans un cornet brun. Il était sur le point de commencer à peler son orange pour la manger. Il se trouve qu'il a levé les yeux et a croisé le regard de l'enfant.
L'enfant n'a pas dit: « Quand je vois ton orange, je me sens tr√®s affam√©, et j'ai vraiment le besoin d'√™tre nourri ; j'aimerais que tu me dises si par hasard tu serais d'accord de partager un morceau de ton orange avec moi juste maintenant ; naturellement, je ne voudrais pas que tu le fasses, √† moins que tu puisses le faire avec joie ; s'il te pla√ģt, abstiens-toi si, par hasard, il y a un peu de peur, de culpabilit√© ou de honte dans ta motivation ».
Le garçonnet n'a rien dit de tout cela. Et en même temps il a dit tout cela... avec ses yeux.
Et quand ce fermier l'a compris, il n'a pas r√©pondu: « Si je comprends bien, tu as faim ».
Et n√©anmoins il l’a dit, avec son regard. Il s'est lev√©, il a march√© en direction de l'enfant et a eu une magnifique conversation avec sa m√®re, non verbalement. Il ne lui a pas dit: « Quand je vois les yeux de ton enfant tourn√©s vers moi, j'ai des sentiments m√©lang√©s : je ressens de la joie √† la possibilit√© d'exercer ma g√©n√©rosit√© et, en m√™me temps, je ressens aussi de l'appr√©hension, parce que j'aimerais √™tre s√Ľr que mon geste ne va pas contrarier tes projets concernant ce que tu veux faire manger √† ton enfant aujourd'hui. Ainsi j'aimerais savoir si tu me donnes la permission de donner cette orange √† ton fils ? »
Il n'a pas dit cela... et pourtant il l'a dit. Et la m√®re n'a pas r√©pondu : « Je vois, au mouvement que tu fais avec ton orange, que tu tiens vraiment √† l'offrir ». Elle n'a rien dit de tel... et pourtant si.
Quand l'homme est arrivé devant l'enfant, il s'est incliné avec beaucoup de courtoisie, a embrassé l'orange et l'a tendue au petit garçon.
Je dois dire que j'ai eu beaucoup de chance, car le seul si√®ge rest√© libre dans cette salle d'attente, se trouvait √† c√īt√© de celui de cet homme. Je me suis donc assis √† c√īt√© de lui et lui ai dit : « J'ai √©t√© tr√®s touch√© de voir la fa√ßon dont vous avez donn√© votre orange √† ce petit gar√ßon ». Je n'avais pas encore ma√ģtris√© la langue girafe aussi bien que lui, les mots m'√©taient encore n√©cessaires ! Il a √©t√© sensible au fait que je reconnaisse sa g√©n√©rosit√©.
J'ai ajout√©: « Ce que j'ai particuli√®rement aim√©, c'est la fa√ßon dont vous avez embrass√© l'orange avant de lui la tendre ». Il a r√©fl√©chi un instant et il √©tait tr√®s s√©rieux quand il m'a r√©pondu: « J'ai presque 70 ans et s'il y a une chose que j'ai tr√®s bien apprise, c'est de ne jamais rien donner, √† moins de le donner du plus profond de son coeur ».


La langue girafe n'est pas une langue, elle n'est pas une affaire de mots ; c'est une attitude qui nous permet de rejoindre un flot d'√©nergie √† partir duquel il est possible de donner du plus profond de son coeur. Et donner du fond du coeur n'est pas une affaire de culture. Plus je voyage, plus je d√©couvre de nouvelles cultures et plus je suis convaincu que fait simplement partie de la nature humaine. J'ai √©t√© extr√™mement touch√© de constater le nombre de fois o√Ļ j'ai √©t√© l'objet de cette g√©n√©rosit√©.

Je suis donc convaincu qu'if s'agit d'un processus naturel. Mais il est certes possible, dans certains contextes, que quelque chose interrompe ce flot et rende plus difficile de parvenir √† s'y engager ou de se laisser porter par lui. La langue girafe n'est donc qu'une mani√®re de se rappeler tout cela, de se rappeler o√Ļ mettre notre attention afin que ce flot, qui est naturel, puisse couler librement.

La langue girafe est une fa√ßon de nous rappeler o√Ļ nous voulons que les autres personnes mettent leur attention. Ce qui ne veut pas dire n√©cessairement qu'il faille employer certains mots √† des moments sp√©cifiques.

Alors, me direz-vous, pourquoi passer tant de temps √† travailler sur les mots ? Je ne connais pas d'autres moyens d'amener l'attention des gens l√† o√Ļ j'ai envie qu'elle soit, si ce n'est en rendant clairs les observations, les sentiments, les besoins et les demandes, qui, tous, font partie de ce flot. Quand nous sommes connect√©s √† ce niveau-l√†, le flot se r√©pand tout seul.

Lorsque vous aviez trois mois, et que vous r√©veilliez au milieu de la nuit, vous ne vous adressiez pas √† vos parents en leur disant. « Comment pouvez-vous √™tre aussi insensibles, voil√† plusieurs heures que je n'ai pas mang√©, levez vos culs paresseux de vos lits et venez me nourrir ! »
A l'√©poque o√Ļ vous √©tiez b√©b√©, vous ne vous √™tes jamais exprim√© comme √ßa parce que vous aviez une langue qui vous √©tait naturelle et amenait directement l'attention sur vos sentiments et vos besoins. Mais bien des cultures enseignent une langue qui nous coupe de cette capacit√© naturelle. Ce qui fait que l'on apprend √† utiliser une langue qui finit par ressembler pratiquement √† des insultes, au moment o√Ļ on est le plus affam√© !
La langue girafe est simplement destin√©e √† nous rappeler comment redevenir aussi malin que lorsque nous avions trois mois. Quoi que ce soit que l’on communique, on essaie de mettre les personnes √† qui on parle en lien avec nos besoins et sentiments.


A l'√Ęge de trois mois, nous √©tions vraiment habiles √† faire cela, autrement nous ne serions pas l√† aujourd'hui. Sans l'usage des mots, nous communiquions pourtant tr√®s clairement nos sentiments et nos besoins. La langue girafe n'est donc qu'une fa√ßon de nous rappeler des choses que nous savions d√©j√† √† l'√Ęge de trois mois.
Peu importe ce qui se passe dans la culture o√Ļ vous vous trouvez, ne vous laissez pas distraire, gardez votre attention sur ce flot naturel et vous verrez que les gens viendront vous y rejoindre.

Bien entendu, il peut √™tre n√©cessaire d'ajuster les mots qu'on va choisir d'employer suivant la culture dans laquelle on se trouve. Une des cultures dans laquelle je travaille, par exemple, et o√Ļ l'on n'a pas l'habitude de parler la langue girafe classique, c'est celle de la partie pauvre de la ville de Cleveland, dans l'Ohio (Etats-Unis).
Il s'y trouve des gangs de rue qui sont sans cesse en guerre les uns contre les autres.
Mon travail consiste à enseigner la langue girafe à des personnes qui ont été arrêtées pour leur comportement violent.


La premi√®re fois que je me suis trouv√© avec l'un de ces groupes, j'ai dit que j'√©tais tr√®s heureux d'avoir l'occasion de partager avec les personnes pr√©sentes un certain processus de communication... J'en √©tais l√† de ma phrase quand un des hommes pr√©sents s'est mis √† rire: « Communication ? Alors tu te trouves entour√© par trois gars d'un autre gang, il y en a un qui te menace d'une arme et tu veux communiquer ? Merde alors ! »
J'ai parl√© la girafe avec lui, j'ai mis mon attention sur ce qu'il ressentait, en tout cas j'ai devin√©, et j'ai per√ßu qu'il avait peur √† l'id√©e de communiquer dans certaines situations. J'ai ensuite voulu v√©rifier si je le comprenais bien : « Est-ce que tu as peur √† la perspective de communiquer dans certaines situations ? »
Il a saut√© de sa chaise, s’est avanc√© vers moi en d√©clarant: « Moi ? j'ai peur de rien, mec ! ». Ce qui m'a donn√© l’occasion de parler avec lui la langue girafe idiomatique. Il y a certaines cultures dans lesquelles on ne peut pas parler aux hommes des sentiments qu'ils √©prouvent. ll y a des cultures o√Ļ les gens ne sont pas vraiment heureux de mentionner leur s sentiments, surtout certains sentiments sp√©cifiques.
Si j'avais dit √† cet homme: « T'en as plein les bottes, parfois, non ?... » √ßa, il l'aurait tol√©r√©. Mais « peur » en tout cas pas. Donc il a fait mon √©ducation : si je veux pouvoir lui parler quand je per√ßois qui a peur, je me contente de le percevoir, mais ne mentionne rien de tel √† haute voix devant ses pairs. Pourtant, je continue √† parler girafe puisque mon attention est quand m√™me sur ce qu'il ressent vraisemblablement. Avec, √©videmment, l'inconv√©nient de ne pas pouvoir v√©rifier.
J'ai repris: « En tout cas, ce que tu veux que je voie, c'est que √ßa peut √™tre dangereux de vouloir communiquer dans certaines circonstances ». Il pouvait accepter cela. Il m'a r√©pondu: « C'est facile, pour toi, tu viens de ces coins privil√©gi√©s, tu ne comprends rien √† ce que c'est de communiquer quand on vient de la rue, tu viens ici pour gaspiller notre temps avec ta merde ! »
- « Donc, ce que tu voudrais, c'est quelqu'un qui connaisse davantage ta culture pour venir travailler ici avec vous ? »
- « Et comment ! »
Et l'un après l'autre. Ils ont commencé à s'exprimer et à m'expliquer combien c'était stupide qu'une personne comme moi vienne essayer de leur apprendre quelque chose.

J'ai continu√© √† les √©couter avec mes oreilles girafes : parfois j'ai refl√©t√© verbalement, parfois en silence... et apr√®s une quarantaine de minutes pendant lesquelles ils ont tous cri√© √† mon adresse √† tour de r√īle, on pouvait sentir, tr√®s progressivement tr√®s doucement, une certaine qualit√© d’√©nergie se transformer. Le premier qui s’√©tait exprim√© avait vraiment une esp√®ce de rage √† l'id√©e de gaspiller son temps avec quelqu'un comme moi. Mais vers la fin, ils parlaient davantage √† partir d’un certain d√©sespoir en expliquant combien c'√©tait dur pour eux de vivre dans un environnement o√Ļ ils passaient leur temps √† avoir peur, √† √™tre en danger. La plupart du temps, c'est uniquement avec mes yeux que j'ai communiqu√© : j'ai √©cout√© les sentiments et les besoins qu'ils exprimaient.
Un conseiller, qui faisait partie du programme, a perçu le changement d'énergie dans la pièce.
« Qu’est-ce que vous pensez de lui ? » leur a-t-il demand√© en me d√©signant. L'un des gars pr√©sents a r√©pondu: « C'est une des personnes qui parlent le mieux de toutes celles que l'on a rencontr√©es jusqu'ici ». Le conseiller √©tait en √©tat de choc et m’a chuchot√©: « Mais tu n'as pratiquement pas ouvert la bouche ! » J'avais pourtant dit beaucoup... en langue girafe idiomatique ! Je m'√©tais engag√© avec ces hommes dans un certain flot √©nerg√©tique. Donc, √ßa c'est un exemple d'une culture dans laquelle il n'est pas si facile de parler de sentiments.

C’√©tait bien plus facile, cependant, que de partager la langue girafe avec des policiers en Isra√ęl, parce que la communication du style girafe ne faisait vraiment pas partie de la culture du d√©partement de police avec lequel j'ai travaill√©.
On m'a demand√© de travailler avec le d√©partement √† propos duquel il y avait le plus de plaintes de brutalit√©s. Quand ces policiers se retrouvaient en fin de journ√©e, ce n'√©tait pas pour se dire des choses du style: « Oh, j'ai eu une connexion fantastique avec telle personne, j'ai eu l'occasion de donner de l'empathie √† telle autre en pleine d√©tresse », etc. Non, ce n'√©tait pas du tout le style de leur conversation !
Quand j'essayais d’√©couter ce qu'ils √©changeaient pendant les pauses, ou √† d'autres occasions, c'√©tait : « Ce fils de pute m'a insult√©, alors je lui ai cass√© la gueule ! » A quoi un autre r√©pondait : « T'aurais d√Ľ y aller plus fort ! », etc. Et ces personnes n'avaient pas fait le choix de d√©penser beaucoup d'argent pour venir me voir et √©couter ce que j'avais √† leur apprendre. C'est leur chef qui leur avait impos√© de venir. Donc, comme vous pouvez deviner, ce n'est pas seulement du fait de leur culture qu'ils ne se montraient pas vraiment r√©ceptifs √† la langue girafe, mais parce qu'ils √©taient oblig√©s de venir √† un cours et menac√©s de repr√©sailles, s'ils n'y allaient pas ! Ce n'√©tait √©videmment pas la meilleure mani√®re de les ouvrir √† ce qu'ils allaient entendre.
Le gouvernement israélien a fait beaucoup de recherches pour voir quel était l'effet de la langue girafe dans cette culture-là et s'est montré extrêmement satisfait des résultats.

Comment ai-je enseigné la langue girafe dans ce contexte ?
En la vivant, en la d√©montrant. Si vous parvenez √† entrer dans ce flot d'√©nergie qui est le plus proche de ce que nous sommes cens√©s √™tre en tant qu’√™tres humains, ceux qui vous entourent vont avoir envie de vous y rejoindre.

Parfois aussi les mots peuvent aider. Alors si les mots peuvent nous aider pour revenir à cette qualité d'énergie, pourquoi ne pas les utiliser ? Evidemment, on va choisir les mots qui nous aident le plus à parvenir à cette qualité. Il se peut que, suivant les circonstances, les mots que nous avons utilisés ces jours derniers, soient les meilleurs possibles pour arriver à créer cette connexion. Alors que, d'autres fois, la même forme va s'avérer un obstacle. On peut alors choisir d'autres mots, l'essentiel étant que notre intention soit toujours de nous connecter au niveau des sentiments et des besoins. Toutes les cultures ont des sentiments et des besoins, les mêmes besoins. Il s'agit simplement de se mettre en connexion avec la vérité de ce qui se passe au coeur des êtres

Marshall B. Rosenberg


Si vous souhaitez faire un pas de plus avec la Communication NonViolente (CNV), je vous propose 3 ressources :
ūüďí Le Memento de la CNV (gratuit, 23 pages), dans lequel vous trouverez des clefs pour explorer votre monde int√©rieur, ainsi qu'une liste des besoins, pour soutenir votre exploration : http://www.cnv-ip.com/#memento-cnv
ūüĖ• Mon webinaire gratuit "Relever nos d√©fis relationnels avec la Communication NonViolente" : http://www.cnv-ip.com/#video-gratuite
ūüĒé La BD "Enqu√™te sur les √Čmotions, tome 2 : √Ä la source des √©motions, les besoins", r√©alis√©e par Armella Leung, avec qui j'ai collabor√© pour cet ouvrage.
Vous trouverez entre autres dans cette BD une "Carte pour trouver les besoins cachés" que je trouve très précieuse : http://bit.ly/2uokicN

ūüĆą Vous pouvez √©galement devenir membre du groupe Facebook "Communication NonViolente" dont je suis l'une des administratrices : https://www.facebook.com/groups/cnvfr/
De tout coeur, je vous souhaite le meilleur, vers la paix en vous et autour de vous !

Isabelle Padovani
Facilitatrice en Communification et en Communication Nonviolente.
www.communification.eu                              www.cnv-ip.com