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jeudi 16 juin 2011

L'émotion initiale


Article paru dans le n°95 de la revue 3eme Millénaire


L’émotion initiale jaillit, console, apaise et passe de vie en vie dans un paradis en chantier…

L’éveil est un jaillissement hors processus temporel, et la pratique temporelle de l’humilité pédagogique dans le quotidien y conduit.

Il n’y a pas de contradiction entre le travail de développement personnel et le non–duel ; si l’expérience de libération est verticale, immédiate, hors du temps ; dans le relatif, l’intégration, l’incorporation, elle, prend du temps et le travail personnel n’est pas vain pour assurer un équilibre, un respect et une communication avec les autres vers une (la) sagesse à construire ensemble…

Pour tous, le paradis est en chantier…
Je vous propose donc d’unifier dans notre vie personnelle les inconcevables paradoxes de notre étonnante existence terrestre avec le jaillissement tranquille et affectueux de l’univers : le mystère de la conscience, pur potentiel créateur, intelligence pure autrement dit la VIE. Elle est intemporelle, éternelle, illimitée, omniprésente, infinie, connue parce qu’elle crée depuis 14 milliards d’années (l’univers, la terre, la nature et vous-même… en sont la preuve tangible ! )

C’est avec tendresse et amitié que je vous invite à entreprendre ensemble ce voyage dans le cœur des émotions et de la connaissance de soi où ce plein potentiel de la vie se matérialise dans le relatif, votre vie individuelle.

La vie « privée » au sein de l’univers
Oui, par extraordinaire, nous avons une vie privée et temporelle avec ses joies simples, ses douloureuses peines et ses insupportables convulsions, mais aussi, nous avons l’énergie de l’enthousiasme pour franchir les obstacles en réduisant tous les impossibles au profit d’une humanité plus globale progressant vers l’incorporation de sa connaissance et de sa sagesse universelle.
Etes-vous lucide que vous marchez, vivez, pensez, ressentez votre vie sur une planète qui voyage dans l’espace cosmique depuis 14 milliards d’années… Cette prodigieuse et maternelle planète terre est notre berceau protecteur, elle porte dans sa matrice mystérieuse toutes les formes de vie, le principe de la « non mort »… Votre corps et votre présence sont les héritiers de ces ressources d’intelligence pure œuvrant en vous et disponibles à tout moment : c’est le geste créateur de la vivacité de la vie qui œuvre et passe de vie en vie, immédiatement, simultanément dans toutes les directions. Inouï, saisissant, n’est-ce pas ! La seule chose qui ne meurt pas, c’est la Vie. Ce geste de la vie se manifeste dans notre corps à travers sa mémoire évolutive mais aussi dans notre esprit, dans l’héritage de l’instant présent initial.
Etes-vous ému de la générosité, de la créativité, de la puissance de la vie à se montrer visible, audible, gustative et parfumée au cœur de ce paradis en chantier ?
Avez-vous le sentiment de vivre au cœur d’un mystère au milieu de toute existence dans ce geste créateur dont nous sommes les héritiers…
Avez-vous bien conscience de votre émouvante présence… et de la rareté d’être… un humain… face à une nuit étoilée, à la prodigieuse et miraculeuse naissance d’un enfant.
Etes-vous triste et désemparé devant la maladie, l’insupportable douleur du corps et l’impasse de la mort ?
Etes-vous confronté aux discussions interminables et aux promesses sans lendemains qui altèrent la dignité et la modestie d’exister ?
Vous sentez-vous impuissant à communiquer avec vos proches ?
Eprouvez-vous une immense solitude avec le sentiment d’une souffrance à vivre qui vous colle comme une poisse trop épaisse ?

Eh bien rassurez-vous, vous êtes un être humain normal et bien terrestre… car ces sensations, ces émotions et ces sentiments sont les fruits du geste créateur qui passe de vie en vie. 
Vous êtes dans un paradis en chantier… au cœur du big bang initial et permanent...

Etudier le « développement personnel », en réalité c’est étudier le geste de la vivacité de la vie, son pouvoir créateur et l’histoire de notre évolution. Se connaître, c’est accepter de ne pas réagir par réflexe, face aux provocations de la vie, en apprenant l’humilité pédagogique dans un processus de transformation. C’est être au milieu de nos émotions en les aimant car elles sont des instincts conscientisés qui nous protègent et nous rendent vivants.

Darwin, une réponse à l’histoire de l’évolution des espèces et MacLean, une théorie comportementale liée à l’instinct, aux émotions et à la pensée cérébrale

Dans cet instant, j’ai une pensée émue et remplie de gratitude envers Monsieur Yvan Amar qui m’a surpris il y a une vingtaine d’années en situant l’évolution spirituelle et l’obligation de conscience dans la perspective de l’évolution des espèces de Monsieur Darwin ainsi que dans la théorie du cerveau tri-unique du Docteur MacLean.

Nous appartenons à l’espèce « humanité », Nous avons un ADN commun avec toutes les espèces, donc une histoire et une mémoire de nos transformations successives de notre cerveau jusqu'à ce jour.
Les anthropologues confirment que nous avons trois cerveaux en un seul.
Ces trois « étages » nous sont constitutifs et on ne peut les nier. 
Ils fonctionnent tout le temps en même temps; l'information qui provient de l'extérieur, avant qu'elle ne parvienne au néocortex (3e cerveau) doit nécessairement passer par les deux autres qui sont plus anciens….

D'où l'importance de bien lire, ressentir et vivre le passage de l'information en nous car à travers nos yeux, le règne du reptilien, du mammalien et de l’homme cérébral vivent ensemble.

* PREMIER CERVEAU : LE REPTILIEN. L’INSTINCT.
Ce cerveau est responsable de notre vie végétative et de la survie de notre organisme (respirer boire – manger – dormir réguler les battements du cœur, du système neuro-végétatif, maintenir la survie de l’espèce (mais pas de lien avec les petits)
Ses trois stratégies relationnelles… l’attaque, la fuite, l’immobilité.
Ses besoins : manger l’autre, il est sans morale ni émotions.
L’agressivité et la défense du territoire prédominent. La notion de survie donne l’immédiateté d’un présent et d’un réel instinctif. Pas le temps pour jouer, l’inquiétude et le qui-vive sont permanents. Tous les sens travaillent à pleine capacité, toujours en alerte.
L'apprentissage est rapide parce qu’inné, mais très limité. Il est non adaptatif avec des réflexes automatiques. On dénotera l'absence de création de nouveaux comportements, en raison, entre autres, d'une mémoire à court terme empêchant la structure d'informations et la mise en lien entre celles-ci.
Du point de vue comportemental chez l'être humain « reptilien » nos noterons certaines similitudes :
Gérer son territoire connu, répéter les mêmes stratégies sans s'adapter ou si peu, conserver ses habitudes, ne répondre que par l’agressivité ou le désir de dominer.
Dans les faits et gestes, disons pour résumer que le reptilien vit seul, attaque sans avertissement, sans émotions ni sentiments.

*DEUXIEME CERVEAU : LE MAMALIEN OU LIMBIQUE– LA NAISSANCE DE L’EMOTION

Ce 2eme cerveau est apparu il y a environ 65 millions d'années.
Nous sommes des mammifères. A l’intérieur de notre cerveau vit toujours cet (fauve) animal…
Ici l’évolution a fait un bond extraordinaire, les petits sont protégés et conçus dans le ventre de leur mère. Par l’allaitement un lien indissoluble et émotionnel relie la mère et le petit.
C’est l’apparition des émotions, de la perte de l’autre (l’abandon et le début de la conscience de la mort).
L’éléphante reste plusieurs heures avec l’éléphanteau mort avant de le quitter.
A ce stade de notre évolution, nous apprenons à vivre en groupe, à chasser, à nous protéger, à transmettre les stratégies de chasse, à s’amuser, à se caresser, à montrer des signes de reconnaissance tant hiérarchiques qu’affectifs, ainsi apparaissent des composantes affectives qui unissent le clan.
Un pré langage et des signes permettent une lecture émotionnelle de l’autre mais la pensée abstraite n’existe pas. Le ressenti émotionnel est volatil, éphémère, concis, il circule à la surface du corps sans les mots, c’est un vécu émotionnel immédiat, ici pas d’hypocrisie ou de mensonge, c’est le début d’une intelligence relationnelle émotionnelle.
Dans les faits et gestes, le mammifère annonce ses intentions, tente d'impressionner avant d'attaquer de suite (comme le fait le reptilien.) Les stratégies de séduction se peaufinent. L’émotion ressentie permet de lire succinctement mais directement ce que l’autre ressent, c’est un vécu émotionnel immédiat, mais il ne peut être représentée car la pensée n’est pas là pour le faire.
La panique, la colère, la tristesse et la peur deviennent un moyen de se comprendre, d’interagir et se protéger, c’est la réaction sans discrimination.

Chacun d’entre-nous peut faire un lien avec l’origine de certains de nos comportements … mais ne vous leurrez pas, c’est avec ce cerveau que vous gérez vos émotions pas avec le cortex……

Notons que cette intelligence émotionnelle n’est pas lisible par les arguments, les discours et les explications qui appartiennent au cortex et au temps mental. L’intelligence émotionnelle est née sans « le penser et ses questionnements » : pourquoi, comment, à cause de quoi. Utiliser ces outils conceptuels de rationalisation de l’émotion donne une inconsolable sensation d’impuissance et de tristesse dans nos relations.


* LE NEOCORTEX - LA PENSEE ABSTRAITE

Maintenant comprenons le « troisième cerveau ».
C'est ici que le stade humain va prendre naissance avec l'apparition des hémisphères et des lobes frontaux, il y a environ 3,5 millions d'années.
Ce cerveau cherche, trie, analyse formellement, catégorise, élimine, sélectionne, prévoit, juge. On le dénomme aussi l'intellect, le mental. C'est la naissance de la pensée abstraite qui nous permet de mémoriser, de construire des ponts, de prévoir, de structurer nos activités, en un mot de raisonner.

Non seulement ce cerveau démultiplie presque à l'infini la force du traitement de l'information, mais aussi il donne naissance à une dimension qui englobe les autres cerveaux dans un champ de «conscience de soi».

Ici l'identité et l'individualité se définissent clairement ; soi et l'autre sont clairement dissociés. Paradoxalement, l'être humain est le seul «animal» capable de compassion, de sympathie, de bonté, de générosité, de sincérité, d’honnêteté, d’amour (grâce aux lobes frontaux).

Après l’instinct et l’émotion, ce troisième cerveau permet l’acte de penser. Si nous n’étions que des êtres émotionnels, nous serions seulement en réaction sans discrimination et avec peu de connaissance de soi. Mais la difficulté au niveau du cortex, c’est de se servir de ce cerveau, donc de la pensée mentale, pour appréhender une expérience : mélanger la strate du savoir à celle des saveurs, du ressenti et ne pas discriminer entre le réel et l’imaginaire. L’imaginaire comme un élan vers tous les possibles est précieux mais l’imaginaire qui nourrit l’illusion par une pensée abstraite conduit aux peurs, aux projections et aux impasses mentales. Un « intellectuel » qui comprend sans faire l’expérience du réel passe à côté de la dimension spirituelle. Il n’a pas accès à l’émotion pure consolatrice et à l’intention jaillissante.

La conscience, le geste de l’esprit qui relie les trois cerveaux.

L’émotion consolatrice par l’intuition jaillissante donne la connaissance de soi, offre le passage initiatique et réconcilie les trois cerveaux. Les témoins de ce passage nous invitent à pratiquer par transmission pédagogique ces pratiques hors de toute attente ou de compensation dans l’esprit de la découverte naturelle et ludique de soi.
L’apprenti-sage du geste de l’évolution dans un esprit individuel demande du temps… Cet apprentissage n’a pas de fin… C’est le temps pendant lequel le chercheur perdu se transforme en explorateur ravi.

Cette connaissance du geste pédagogique de l’esprit est presque inconnu, le plus négligé, le moins compris, le plus redouté car c’est ici que l'on plonge dans la spiritualité, c'est-à-dire dans des états de conscience qui sont inconnus aux trois cerveaux précédents, d’où les fortes résistances psychologiques de la perte de soi, d’un vide existentiel, d’un manque de lien affectif, la peur de la souffrance et de la mort du corps. Ici nous retrouvons la trace de la mémoire de nos différentes transformations au cours de l’évolution des trois cerveaux.

La dimension du « vivre dans sa chair la réalité du monde, c’est à dire « être vécu» n'est accessible que dans l’expérience pédagogique de la confiance en soi. Elle ne vient pas d’une autorité ou d’un savoir extérieur. La transmission est une grâce révélée, processus impersonnel qui est transmis sans la distance moi, l’autre. La création et la créature sont reliées, unifiées, consolées dans une émotion initiale, l’EMOTION PURE qui rassure et apaise les trois cerveaux et notre identité psychologique.

La connaissance de soi est une expérience simplifiante, naturelle, apaisante et libératrice, elle permet d’intégrer, d’incorporer d’assimiler une nouvelle communication avec les autres et le réel quotidien sans fausses craintes, peurs ou souffrances. Les vraies peurs, celles de l’instant, seront simplement des tremplins pédagogiques, des épreuves protectrices et une impensable joie de la puissance à exister.

Ce passage simple et sacré redécouvert, l’acte d’Etre « moi » - « Je suis cela ou « je » devient un geste de conscience incorporé ; alors la pensée culmine aux plus hauts degrés de notre évolution humaine, unifiant la partie au tout par des moments privilégiés de méta-poésie, de bonheur, de calme, de tranquillité, de plénitude et de simplicité absolue comme un parfum de sacré : la Béatitude

« Je suis simultanément, infiniment cela », dans une présence telle que l’on ne peut ni la perdre n’y s’en absenter », va prendre le relais des processus temporels en générant des nouvelles structures neuronales, atomiques et cosmiques

Ce chas de l’aiguille redécouvert, notre intelligence et notre amour s’en trouvent simplifiés. Ainsi le geste de la vivacité de l’instant initial où - le passé, présent et futur - sont réunis dans un seul geste, engendre l’émotion pure d’exister infiniment.

Il est alors simple de refaire ce geste initial d’instant présent s’incorporant dans notre vie personnelle, dans une présence glorieusement terrestre, paradis en chantier… où la nature existante a un parfum d’instant présent quand chaque seconde est fille d’ éternité.